Source: Christians Concerned for Burma (Les Chrétiens inquiets pour la Birmanie), Chiang Mai, Janvier 2010.
L’ENNEMI SUR LA ROUTE …
Dans les zones où vivent des ethnies l’armée birmane construit des routes afin que son emprise s’y répande plus rapidement. Ces routes desservent les camps militaires d’où sont lancées les attaques et font office d’obstacles redoutables pour ceux qui essaient de les traverser. Elles passent à travers fermes et villages, et, sur leur parcours, toute la population est déplacée et des communautés sont séparées. L’armée birmane patrouille ces routes et y place des mines, si bien qu’elles constituent des barrières interdisant déplacement, commerce et envoi de secours. Dans le nord de l’état de Karen, l’armée birmane continue de tirer sur les gens avec l’intention de les tuer, de violer, de détruire, d’imposer son autorité et de rester sur des terres qui ne lui appartiennent pas. Le récit suivant donne une idée de ce qu’est l’ennemi sur la route.
« Du haut d’une crête nous contemplâmes la vallée, maintenant déserte, et les restes calcinés de maisons qui parsemaient des rizières abandonnées. Une extrémité de la vallée était gardée par un camp de l’armée birmane, installé sur une colline, et, du camp, partait une route toute récente, dans les deux sens. Vers le sud, elle rejoignait un autre réseau de routes et de camps, et se prolongeait vers l’est. Au nord, elle s’enfonce dans les montagnes. Tandis que nous observions, une colonne de l’armée birmane, d’une centaine de soldats, venant d’un camp qui domine la vallée, marchait vers le nord. À l’extrémité nord de la vallée, également sur la route, une autre colonne les attendait.Nous nous rendîmes compte que nous étions témoins de ce dont se rendait coupable l’armée du dictateur du fait de sa présence parmi les ruines d’une communauté prospère qu’elle avait détruite. Les soldats birmans avancèrent en une longue colonne, suivant la route qui traversait cette vallée dans laquelle n’existait plus aucun village Karen. C’étaient les seules personnes dans une vallée déserte.
C’est cette même route que nous aurions à traverser plus tard. Nous ne le savions pas mais, à huit milles au nord, en ce moment même, des familles essayaient de passer de l’autre côté. Deux soldats Karen qui aidaient ces familles reçurent des coups de feu : l’un fut tué, l’autre blessé, et les familles abandonnèrent leur tentative et s’enfuirent. Le soldat blessé fut soigné par l’un de nos quatre médecins et par le personnel local de la clinique mobile de cette zone. »
(Global Day of Prayer for Burma, 14 March 2010, p. 4)
DÉMINEURS HUMAINS ET TRAVAUX FORCÉS
L’armée birmane continue à obliger les villageois de Birmanie à travailler pour elle en leur faisant charrier des vivres, construire des routes et des camps pour l’armée. L’armée les utilise aussi comme démineurs en les contraignant à marcher sur les routes devant les soldats. L’augmentation continuelle des forces de l’armée birmane et des infrastructures nécessaires à ces forces est un fardeau pour les villageois, avec, pour résultat, une oppression accrue qui touche tout le peuple birman.
(Global Day of Prayer for Burma, 14 March 2010, p. 21)

Publié par ukchavvy 


Otmar Oehring, président du Bureau des Droits de l’Homme de
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